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Dissertation paris et la province

Dernière réponse : dans Etudes - Travail
11 Janvier 2011 08:32:41


Paris, province, 1848-1852



INTRODUCTION


Dans les années 1840, Balzac déclare, dans La Muse du département : « Sachons-le bien ! La France, au dix-neuvième siècle, est séparée en deux grandes zones : Paris et la province » ; il établit ainsi une véritable dichotomie entre la capitale et le reste du pays. La Deuxième République (1848-1852) s’avère particulièrement intéressante pour l’étude des relations entre ces deux « zones ». Le 22 février 1848, la crise économique et sociale qui sévit depuis 1846 s’additionne à un faisceau de frustrations politiques et sociales pour abattre la monarchie de Juillet. L’abdication de Louis Philippe entraîne le ralliement quasi général de la classe politique : la Deuxième République est proclamée, le 24 février 1848, sous la pression populaire, par les chefs républicains, à Paris. « Si tout arrive à Paris, tout passe en province », écrit encore Balzac dans la préface d’Eugénie Grandet. Certes, Paris a longtemps été le cœur qui a entraîné le reste du pays, qui a pu lui sembler à maintes reprises subordonné et apparaît souvent comme un acteur de second plan par rapport au centre névralgique que serait la capitale politique… Pour autant, la césure entre ces deux pôles – l’un urbain par excellence, et lieu de décision ; l’autre plus rural, mais aussi plus massif – est-elle toujours aussi nette ? Quelles relations, quels rapports de force entretiennent Paris et la province, eut égard à leurs acteurs (assez hétéroclites), leurs attentes et aspirations ? Il convient de tenter de mieux cerner le rôle et le poids respectif de ces deux entités.

Si l’illusion lyrique des débuts de la 2e république a pu entretenir le sentiment d’une union de la province et de la capitale (celle-ci menant cependant « la danse »), la province s’affirme de plus en plus sur la scène nationale. Bien plus, le centre de gravité du pays bascule dans une certaine mesure, au point que l’on ne puisse plus ignorer cette nouvelle donne.



*


Les débuts de la Deuxième république, sous la houlette de Pairs, qui joue alors pleinement son rôle de « locomotive » pour le pays, ont pu faire croire, à tort ou à raison, à une union de la capitale et de la province. Cette croyance résulte du fait que le nouveau régime a très clairement voulu se placer (du moins dans les premières semaines) sous la bannière de la fraternité, fraternité qui gommerait les différences d’opinion et d’ambitions pour unir l’ensemble du pays derrière la république, sans distinction de classes et sans distinction sur le plan géographique : la France – Paris et province – se serait ainsi dressée comme un seul homme en faveur du gouvernement républicain dans une véritable illusion lyrique, lors de la révolution de février 1848 : Baudelaire a ainsi souligné ce moment « unique dans l’histoire », où les « sentiments de tant d’individus ne font qu’une immense espérance ». En cette période crise économique et sociale, ouvriers et bourgeois, paysans et notables se seraient opposés au régime désormais « vieilli » de Louis Philippe : incapable de consentir aux compromis nécessaires (élargissement du suffrage par exemple), la monarchie est dorénavant perçue par beaucoup comme un gouvernement par trop conservateur. D’où un ralliement exceptionnel à la cause républicaine, qui cristallise maints espoirs : il s’agit, dans un premier temps, de construire une république à visage humain, ce qui a priori ne peut que satisfaire un monde ouvrier et surtout paysan durement atteint par la crise.

Cependant, cet idéal d’union, de fraternité, de collaboration de tous pour le bien de tous doit être nuancé. De fait, il laisse dans l’ombre un certain nombre de points noirs et présente des limites non négligeables ; limites que les chefs républicains de l’époque (comme Lamartine) ont tenté de minimiser. Tout d’abord, il faut souligner le « déphasage politique » de la province, lors de la révolution de février. En effet, si la république est proclamée à Paris par les chefs républicains soutenus par un peuple enthousiaste qui a envahi l’Hôtel de ville, reste qu’en province, la république est essentiellement perçue comme un état de fait, lié à l’abdication de Louis Philippe. De fait, pour paraphrase la formule de Balzac, la révolution est arrivée dans la capitale, mais elle « passe » en province ; celle-ci apparaît donc, en ce mois de février, assez dépendante de la suprématie parisienne, qui lui dicte en quelque sorte ses volontés. Volontés en apparence peu pesantes en l’occurrence, puisque la province, comme Paris, est le théâtre de fêtes, de manifestations d’enthousiasme, de plantations d’arbres de la liberté, etc… On ne s’en étonnera guère, si l’on se souvient que sous la monarchie de Juillet, les idées républicains ont entamé un cheminement de longue haleine dans le « peuple » - les campagnes notamment -, sur fonds de cholera et de répression armée… En particulier, le socialisme, ou en tous cas une forme de républicanisme social, apparaît aux franges de la population frappée de plein fouet par la crise e le paupérisme comme un solide recours. On le voit, Paris et la province peuvent ici, dans une certaine mesure, s’opposer puisque la première s’avère en quelque sorte le « locomotive » de la seconde, même si celle-ci semble largement consentante, du moins à première vue.

Toutefois, si Paris et la province sont des acteurs manifestement d’inégale importance dans la révolution de février 1848, et si la capitale paraît avoir entrainé le reste du pays dans son sillage, reste que cet idéal de fraternité, d’union, fut surtout le fait de Paris, bien qu’il ne faille pas trop « rosir » le tableau dans ces deux zones… De fait, la province fut le théâtre de troubles plus prononcés que dans la capitale ; aux yeux de nombreux paysans (voire d’ouvriers), la république représentait une occasion de se venger contre leurs supérieurs hiérarchiques ; ce désir de vengeance découle sans doute, pour une large part, du manque d’éducation (républicaine) des campagnes, ainsi qu’à une atmosphère plus prompte aux luttes sociales qu’à Paris. Ainsi, le château des Rothschild a été pillé, des bris de machines sont survenus à Lyon et Rouen… Même si les troubles furent bien plus nombreux en province, Paris ne fut pas totalement épargnée : des bourgeois ont par exemple été molestés. Si une certaine dichotomie entre la capitale et la province existe bel et bien, il ne s’agit pas d’une césure parfaitement claire et nette : des points communs existent.

Cependant, la suprématie parisienne ne fait aucun doute dans cette république qui s’avère essentiellement urbaine. Malgré de grandes proclamations – comme le suffrage universel masculin -, la province (et notamment les campagnes) fait à certains égards figure de grande oubliée, dans ces premières semaines de république. L’introduction du suffrage universel, qui remplace le suffrage censitaire ô combien protesté pendant la monarchie de Juillet (le règne de Louis Philippe se caractérise de fait par un écart croissant entre le pays légal et le « pays réel » ; le roi bourgeois refuse toute extension du droit de vote, ce qui lui attire beaucoup d’ennemis), permet l’entrée des masses – ouvrières, mais surtout paysannes – sur la scène politique ; de fait, il s’agit là d’une acquisition fondamentale pour une province majoritairement rurale et numériquement plus lourde que la capital ; Tocqueville a célébré, dans ses ouvrages, les colonnes solennelles de paysans qui votent pour la toute première fois…

Cependant, si le suffrage universel place les citoyens sur un pied d’égalité, reste que bien des mesures prises dans les premières semaines du régime s’avèrent plus tournées vers les villes, et notamment Paris elle-même, que vers les campagnes provinciales. Au demeurant, une certaine hostilité, ou du moins un certain mépris pour les campagnes anime les élites gouvernementales, qu’elles soient de droite ou de gauche : il n’est dès lors pas très étonnant que les paysans apparaissent comme les grands délaissés de cette république encore toute jeune… La commission au gouvernement des travailleurs a beau accréditer l’idée d’une révolution sociale, cette révolution n’est pas vraiment globale, ce qui a pu nourrir une certaine jalousie de la province pour les villes, et notamment Paris. Tel fut le cas des Ateliers nationaux, essentiellement implantés à Paris (mais on en trouve aussi dans certaines grandes villes de province, comme Lyon) : le salaire quotidiens des ouvriers fut jugé mirobolant par les campagnes provinciales, d’où un afflux assez impressionnant de provinciaux vers la capitale, afflux qui a contribué à la ruine des Ateliers nationaux, victimes de leur trop grand succès… En outre, en 1848, la situation catastrophique de l’économie française et les difficultés financières de l’Etat poussent Garnier-Pagès à augmenter l’impôt de 45%, ce qui lui vaut la haine des propriétaires terriens provinciaux qui imputent leur malheur au gouvernement mis en place à Paris ; de fait, l’impôt pèse essentiellement sur les paysans, qui nourrissent ainsi parfois une véritables haine contre cette république parisienne et trop urbaine. D’ailleurs, la deuxième république s’est beaucoup plus inquiétée de la misère des grandes villes (Paris notamment) que de celle des campagnes : des mesures d’aménagement urbain ont été prises, tandis que la province campagnarde (des villes, elles, ont ici ou là pu profiter de cette politique) a largement été reléguée au second plan, à tort sans aucun doute.


*


A tort, peut-on dire, d’autant plus que la province s’affirme, pendant la Deuxième république, de plus en plus et s’avère même capable de se dresser contre l’hégémonie parisienne, au point de changer littéralement la donne. C’était naturellement mettre le doigt dans l’engrenage que d’octroyer le suffrage universel à la nation, en supprimant tout seuil pécuniaire : c’était propulser les masses rurales sur la scène politique, propulsion d’autant plus cruciale et lourd de conséquences que la province bénéficie d’un atout de taille : la force du nombre…

Ainsi, le tout premier vote au suffrage universel direct, les 2 3et 24 avril 1848, virent le succès des républicains modérés (500 postes environ) suivis par les « blancs » (300 places), tandis que les républicains « sociaux » subirent un échec cinglant (moins d’une centaine de députés) : cette élection défait, si l’on ose dire, une grande partie du volet social né en février ; déjà les ambitions sociales passent au second plan, s’effacent devant des ambitions d’ordre et de modération. Le suffrage universel, qui a fait passer le nombre d’électeurs de 300 000 à 9 millions, a conféré à la province un poids tout particulièrement important, à même de contrebalancer la suprématie parisienne : celle-ci est, en avril, mise en minorité noyée par les votes d’une province majoritairement hostile, une province essentiellement rurale, conservatrice, attachée à la propriété, et donc pas prête à faire beaucoup de compris. Blanqui, en 1850, a pointé du doigt avec lucidité le poids grandissant (et, pour beaucoup, inquiétant !) des campagnes de Province : « Le fait nouveau de la situation actuelle, c’est l’avènement politique de ces populations rurales qui sont appelées à mettre un poids immense dans la balance de nos destinées et peut-être à dominer, par leur vote, l’influence exercée naguère, je n’ose pas dire à leur détriment, mais assurément pas toujours, assurément, à leur avantage, par le peuple des villes ». Evidemment, Paris, cœur politique et sommet hiérarchique du réseau urbain, est la première et principale ville visée : les campagnes se dresseraient contre son hégémonie et ses choix politiques qui ne reflètent pas forcement les aspirations – d’ailleurs diffuses – de la nation ; désormais, le pays légal tend à se confondre avec le pays réel (mais les femmes ne votent toujours pas…) si bien que Paris, contrée par une province assez hostile, peut perde sa suprématie ; la province peut elle aussi donner le tempo en quelque sorte. Pour autant, il ne faut pas trop schématiser, loin s’en faut, les résultats d’avril 1848 : si la province, prise globalement, n’a pas vraiment répudié le personnel de la monarchie, des manifestations de ressentiment, des émeutes ont éclaté ici et là, à Rouen notamment -30 morts, le 26 avril ou à Limoges : un certain attachement à l’idéal fraternel et social des premières semaines de la république est perceptible dans ces troubles provinciaux.

Un cas de figure assez proche de présente lors des journées de juin 1848, qui voient l’affrontement, à Paris, des couches populaires de la société (ouvriers, travailleurs manuels surtout)et des forces de l’ordre, de la bourgeoisie, dans ce que Tocqueville qualifie de « lutte des classes », une « sorte de guerre civile ». Une levée en masse de la province conservatrice s’opère : la réprobation de ce peuple parisien révolté par la fermeture des Ateliers nationauax est sans appel. Profondément attachées à la propriété, les campagnes conservatrices tremblent devant ce qu’ils perçoivent comme une menace, comme le retour bu barbarisme contre la civilisation, si bien que très peu de manifestations de solidarité à l’égard des insurgés parisiens voient le jour (c’est cependant le cas de Lyon par exemple). Là encore, l’affirmation de la province contre Paris infléchit le régime dan un sens bien pus conservateur qu’au tout départ : la République social que beaucoup appelaient de leurs vœux en février est tuée dans l’œuf ; Paris ne tient plus totalement les rênes de la France et doit s’effacer devant une province majoritairement mue par des aspirations différentes, et pour qui l’ordre semble plus compter que le volet social : manifestement, la province, la France rurale, attend beaucoup du parti de l’ordre, quiest désormais au pouvoir, l’extrême gauche ayant été décapitée au cours des événements de mai et de juin 1848, sans que la province ne s’en émeuve outre-mesure.

Ainsi, la province, en s’affirmant face à une capitale si habituée à donner le tempo au pays tout entier, bouleverse la donne politique et orchestre – chacun en est maintenant intimement persuadé – le destin du régime…
*



Dès lors, la province s’impose comme un » fief » aux aspirations certes quelque peu diffuses, mais que l’on ne peut plus ignorer.

De leur défaite lors des élections d’avril 1848, les républicains sociaux – les « démoc-soc », seuls « vrais » républicains de la veille, à cette époque -, ont tiré une leçon fondamentale pour la suite des événements, sur le long terme : il faut, pour parvenir et se maintenir au pouvoir, se concilier non seulement la sympathie du peuple parisien, et des villes en général, mais aussi celle des campagnes : c’est en effet dans la province que se trouve la force du nombre… Décapités, réduits au silence, mis en minorité, les démocs-socs se lancent dans cette conquête de longue haleine qu’est celle des campagnes ; d’ailleurs, le 17 mars 1848, l’extrême gauche avait organisé une manifestation destinée à repousser les élections législatives initialement prévues pour le 9 février 1848, afin de faire l’éducation des masses, instruire les paysans des potentialités que leur offre l’octroi du suffrage universel. Si certains ruraux (notamment les grands propriétaires terriens) s’avèrent très hostiles aux républicains et se jettent ainsi dans les bras des notables ou du parti de l’ordre, le malaise social n’a pas que des effets univoques : certes, il alimente l’électorat des conservateurs, mais nourrit également les rangs de l’extrême gauche. De fait, toute ne frange de la paysannerie se révèle sensible aux ambitions des démocs-socs, qui prennent leurs distances par rapport à l’expérience républicains gouvernementale, essentiellement urbaine : la République qu’ils appellent de leurs vœux et qu’ils prêchent dans laprovince est une république des paysans, une république des ouvriers, bref, une république des petits. Le programme –assez vague et vaste – qu’ils proposent se veut davantage rural : remboursement des 45 centimes, crédit plus abordable (Proudhon a vu son projet de crédit gratuit pour les pauvres refusé à 600 voix contre 2…), développement de l’instruction primaire ;..Les démocs-socs recueillent progressivement des partisans, s’appuyant sur une diffusion efficace de leurs idées, via des journaux (« Le Bien du peuple », « Le Bonhomme Manceau »), le colportage, en dépit d’une sévère répression. Leurs efforts sont couronnés de succès, lors des élections de mai 1849 : si le parti de l’Ordre l’emporte largement, avec 500 députés, la formidable poussée « rouge » (200 voix, soit 30% des suffrages) les inquiète profondément, d’autant plus qu’une géographie des tendances politiques est aisément identifiable, des départements entiers ont voté pour l’extrême-gauche (Midi, Basses Alpes, Saône et Loire). De plus en pus attiréeparles démocs-socs, la province trouve ici un point commun avec Paris, qui affiche une légère majorité en faveur des rouges. Ce succès remarquable terrorise les conservateurs de tous poils, à commencer par le parti de l’ordre et les notables, qui craignent que le « spectre rouge » ne finisse par s’emparer du pouvoir politique (et donc de Paris, d’un certain point de vue) ; d’où une série de lois répressives et conservatrices : tandis que la loi Gramont de 1850 vise à extirper la « barbarie » supposée du peuple en interdisant de maltraiter les animaux, la loi électorale du 31 mai 1850 ampute le corps électoral d’un tiers, en imposant des conditions de ressources et de résidence (3 ans dans le canton) qui portent un coup très dur aux démocs-socs : cette loi, qui constitue en fait un véritable rétablissement du suffrage universel sans le dire, atteint de plein fouet les ouvriers, mais aussi et surtout, l’énorme masse rurale et provinciale, dont le poids est amoindri légalement ! La démocratie politique, qui met la province au premier plan, est de toute évidence terrorisante pour les conservateurs : les « rouges » sont pourtant minoritaires, même si leurs propagation est impressionnante, preuve d’une contestation, d’une hostilité face à la ligne politique parisienne, pas suffisamment sociale aux yeux des masses atteintes par le paupérisme…

L’avenir du pays se joue en province, la chose est entendue, les forces politiques en sont désormais persuadées. Si le vote démocratique a hissé à la présidence celui qui était sans doute le moins déterminé à respecter la démocratie, Louis Napoléon Bonaparte, le 10 décembre 1848, reste que la province (tout particulièrement), instruite des idées républicaines et de plus en plus consciente de son poids, acquiert une certaine conscience politique, un certain attachement à la légalité et à la république, qui poussent, lors du coup d’Etat de Louis Napoléon, le 2 décembre 1851, plus de 20 départements à résister. Plus puissante et plus difficile peut-être à juguler que la résistance parlementaire et la résistance parisienne – assez faible, en raison de la peur d’une répression sanglante comparable à celle de juin 1848, et en raison de la fusillade des Boulevards, du 4 décembre -, la résistance provinciale est essentiellement le fait du centre (Nièvre…), du Sud Est et du Sud Ouest. 32 départements sont placés en état de siège, la répression est terrible, le mouvement républicain est à nouveau décapité ; les démocs-socs sont contraints au silence et sérieusement réprimés, et sont accusés, a posteriori, d’avoir voulu fomenter un coup d’Etat rouge… Louis Napoléon Bonaparte coupe ainsi l’herbe sous le pied des « rouges » qui trouvaient de plus en plus d’adeptes dans une province, dans ces campagnes qui faisaient parfois preuve d’un profond désir de reformes sociales : cette progression rouge semblait d’autant plus effrayante pour les conservateurs qu’elle « sévissait » dans des campagnes en majorité illettrées et moins soumises à une idéologie qu’enclines à suivre leurs impulsions…

Paris, au sens de cœur politique de la France, siège du pouvoir, doit donc se concilier la province, et en particulier les masses rurales : Louis Napoléon Bonaparte l’a bien compris, qui tente de réaliser une vaste synthèse entre la droite et la gauche, imprégnée de saint-simonisme, tout « principe d’autorité » et « garantie révolutionnaire » qu’il est (selon Guizot). Au demeurant, il entend s’attirer la sympathie des paysans en prenant diverses mesures (aides au crédit, développement des chemins de fer…) et en s’efforçant de relancer l’activité économique. Habile homme politique, soutenu par une intense propagande, il effectue, un peu à la manière des démoc-socs, de vastes tournées en province pour conquérir la foule. Sa politique économiques, ses excursions auprès des populations mais aussi la répression et la surveillance très sévère des opposants sont les clés de son succès initial, au-delà de l’aura, la légende napoléonienne. Le prince-président a ainsi tout à fait conscience du « poids immense » que la province met « dans la balane » de sa destinée politique, pour paraphraser Blanqui… Le pouvoir parisien ne semble plus pouvoir se passer du soutien (plus ou moins forcé, manipulé) de la province, et notamment des campagnes.


*



CONCLUSION

Ainsi, la Deuxième République voit en quelque sorte un coup d’arrêt à l’hégémonie de Paris (ambitions du peuple parisien, capitale politique, siège du pouvoir) ; ses gouvernants et ses forces politiques ne peuvent plus ignorer le poids croissant de la province… Si le rapport de forces, pour ainsi dire, ne s’inverse pas, reste que l’on ne peut plus affirmer, avec Balzac, que « tout arrive à Paris » et que « tout passe en province » : la réalité politique et sociale est en effet beaucoup plus complexe… Sans doute ne pouvait-il pas en être autrement, dès lors que le suffrage universel est instauré. De fait, la période riche en espoirs et en désillusions qu’est la Deuxième République peut se glorifier d’avoir introduit « la politique au village », selon l’expression d’Agulhon ; d’ailleurs, d’après P. Vigier, l’affirmation de la province aux cotés de Paris – dans une logique de concurrence ou de solidarité relative – serait l’apport le plus important de cette république, où conquérir politiquement la province devient crucial. Les républicains l’ont bien compris et s’efforcent d’éduquer les espaces ruraux ; comme le déclare Jules Ferry, « La Première République nous a donné la terre, A la Deuxième république nous devons le suffrage universel, le don de la Troisième s’appelle le savoir ».

Autres pages sur : dissertation paris province

11 Janvier 2011 09:12:57

quelle est la question au juste ?
m
0
l

Meilleure solution

11 Janvier 2011 12:12:49

...et je rajouterai même : BONJOUR !!!!
partage
18 Janvier 2011 08:50:43

BONJOUR,

Le titre :

Réalisez une dissertation littéraire PARIS ET LA PROVINCE
sujet demeurant très vague
m
0
l
18 Janvier 2011 08:50:59

Meilleure réponse sélectionnée par maryline29ml.
m
0
l
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